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Très souvent, j’entends dire des personnes qui ont des troubles alimentaires qu’elles ne savent pas ce qu’elles veulent.

 

Qu’elles sont instables.

 

Qu’elles changent de positionnement tout le temps.

 

Qu’elles disent une chose et son contraire en l’espace d’un court instant.

 

 

C’est le cas en effet… Pour le dernier en tous cas.

 

Mais je trouve assez gonflé de venir dire que c’est un défaut propre aux personnes qui ont des troubles alimentaires et d’en faire une raison qui expliquerait un accompagnement difficile.

 

Parce que la réalité c’est que c’est une problématique d’humain.

 

Pas que d’humain avec des TCA.

 

Une preuve ?

 

Les relations amoureuses.

 

Peut-être que ça t’est déjà arrivé ?

 

Tu vis une relation avec une personne dont te sens très proche. Depuis peut-être plusieurs années.

 

Cette personne te dit qu’elle t’aime. Que tu es la personne la plus importante de sa vie. Qu’elle ne pourrait pas vivre sans toi.

 

Elle peut par exemple te le dire un mercredi… et mettre fin à votre relation le samedi suivant.

 

Est-ce que ça veut dire qu’au moment où elle te disait qu’elle t’aimait elle mentait ? Est-ce que ça veut dire qu’elle se fiche de toi depuis le début ? Est-ce que ça veut dire que tu as eu « tort » de la croire ?

En réalité, il s’est « simplement » passé de nouveaux éléments, de nouvelles expériences qui, en quelques jours, l’ont amené à la conclusion qu’il valait mieux mettre fin à la relation.

 

Ca peut parfois se jouer sur une même journée.

 

Pour nos patients c’est la même chose.

 

Ils sont sincères quand ils nous disent qu’ils veulent s’en sortir.

 

Ils sont sincères quand ils nous disent qu’ils ont peur.

 

Ils sont sincères quand ils nous disent qu’ils nous font confiance pour les aider.

 

Ils sont tout aussi sincères quand ils se font du mal.

 

Ils sont tout aussi sincères quand, emportés par les émotions, ils vivent l’enfer d’une crise de boulimie avec ou sans purge.

 

Ils sont tout aussi sincères quand ils s’auto-sabotent.

 

Ce que ça nous apprend… c’est que les choses n’ont la valeur que de l’instant.

 

Personnellement je trouve ça encore très anxiogène… (parce que difficilement contrôlable n’est-il pas ;)).

 

Mais je ne peux qu’observer. Et je vois bien que c’est juste.

 

Dans tes accompagnements peut-être dis-tu dans ton terpnos logos que « tout est bien et tout est juste ici et maintenant ».

 

Ou quelque chose dans le genre.

 

Et bien tu le sais comme moi… c’est juste dans l’instant. A chaque instant. Tout le temps.

 

Même si on le sait (avec notre tête donc)

 

Même si on le connaît (par la force de l’expérience)

 

Même si on le dit (parce qu’on est convaincus par cet aspect du vivant)

 

Le tolérons-nous vraiment  dans notre vie perso ?

 

La sophrologie détient en son cœur une philosophie de vie précieuse. Que nous retrouvons dans bien d’autres philosophies, notamment asiatiques.

 

L’incarner au quotidien ce serait, entre autre, de prendre en compte en permanence la valeur unique de chaque instant.

 

Pas seulement dans l’expérience physique mais aussi dans la relation à l’autre.

 

Ca c’est plus dur, tu ne trouves pas ?

 

En ce qui me concerne j’ai encore du mal avec ça sur certains points.

 

Une partie de moi n’accepte pas totalement que les mots, les présences, puissent n’être valables que dans l’instant.

 

Que quelques secondes, minutes ou heures après tout puisse être fini.

 

Qu’un « je t’aime » n’ait de validité que le temps de le dire et de le recevoir.

 

Qu’un ronronnement n’ait de validité que le temps d’être émis et reçu comme un cadeau par celui qui caresse le petit félin… Qui ne manquera pas de le mordre quand il en aura marre… parfois une seconde plus tard lol

 

 

Parfois les personnes qui ont des troubles alimentaires te diront qu’elles ne comprennent pas leur fonctionnement.

 

Qu’elles éprouvent de la honte à te dire qu’elles ont fait une crise ou bien repris le sport à outrance après s’être engagées à le limiter…

 

 

Cette culpabilité n’a pas de sens en fait. Elles expérimentent juste plus sensiblement et avec plus de peine ce mouvement perpétuel.

 

Leur partager que tu ne doutes pas de leur sincérité lorsqu’elles ont exprimé leur décision de sortir de ce fonctionnement infernal est important.

 

Réitérer ta confiance est important.

 

Leur partager ce qu’est la valeur de l’instant est une bonne idée pour leur permettre de se libérer de la culpabilité.

 

Puis travailler avec cette partie d’eux-mêmes, qui, comme la mienne, comme la tienne peut-être, a du mal à accepter que tout ne soit pas « garanti »…

 

Pour leur permettre d’avancer avec plus de confiance et de bienveillance envers elles-mêmes.

 

Et puis de temps en temps, le faire pour Soi c’est bien aussi 😉

 

 

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