Les temps de convivialité ne sont pas faciles à gérer pour les personnes souffrant de troubles alimentaires.

La principale difficulté avec les troubles alimentaires, c’est qu’ils coupent ceux qui en souffrent de leur environnement.

Et ce, pour plusieurs raisons :

  • par peur des remarques, critiques et contraintes
  • par peur d’être regardé en train de manger
  • par peur d’être en contact avec d’autres personnes et que ça déclenche une crise
  • par peur d’être dégouté, écoeuré par la présence de la nourriture
  • par honte, gène, vis à vis de la présence du trouble alimentaire.

Pourtant, la majorité des personnes souffrant de troubles alimentaires souhaite vivre une vie « normale» en dépit de la présence de cette difficulté au quotidien.

C’est souvent un challenge sur le chemin de guérison car elles ont cette forte envie de se retrouver avec ceux qu’elles aiment tout en craignant ce qui pourrait se passer.

Parfois, les moments de convivialité sont évités et un certain isolement se met en place.

Parfois, il n’y a pas trop le choix… que ce soit sur le plan professionnel ou familial.

Alors comment faire?

Et bien la réponse est simple tout en étant pas facile : retourner vers soi.
Tout simplement …

Bien que ce soit difficile, c’est toutefois très précieux parce que toutes les craintes sont tournées vers l’extérieur.

Les personnes vivant avec un trouble alimentaire, sont en effet très tournées vers l’extérieur.

Elles sont très sensibles au regard des autres, à leur comportement et à leurs paroles….

Ainsi, en revenant vers soi, on prend un temps pour se couper des autres dans les moments « tendus », pour mieux se réouvrir dans les moments apaisés.

Cette présence tournée vers soir permet également d’être capable de se positionner.

De savoir dire : « Non je ne prends pas de dessert », « Je préfère manger léger » etc..

Tout en exprimant ce qui est important : « Je suis ici pour passer du temps de qualité avec vous »

Et en s’autorisant à partir quand la personne ne tient plus.

Bien entendu, ça peut mal passer pour les proches qui avaient alors une idée derrière la tête dont ils devront assumer les conséquences.

Il arrive que certains proches profitent de ces temps de convivialité pour mettre en place des stratégies de contraintes envers la personne souffrant de troubles alimentaires, comptant sur l’effet de groupe pour soumettre leur proche qui ne saura pas ou n’osera pas les envoyer promener.

Ces stratégies sont violentes et hautement inapropriées.

Ainsi, en miroir, pour le consultant, il s’agit aussi d’assumer les conséquences de son positionnement.

Poser une limite est souvent difficile pour les personnes souffrant de troubles alimentaires (voir l’article sur les performances)

En se tournant vers soi les conséquences sont nettement mieux assumées car elles sont le résultat d’avoir posé une limite respectant les besoins de l’individu.

En conclusion, les moments partagés sont très complexes car au delà du contexte, du type de tca, du profil de personne (introvertie ou extravertie on en parlera dans un autre article), il peut y avoir un déclencheur qui va rendre une situation qui se vivait relativement bien jusque là, totalement insupportable.

Il est pourtant possible de passer de bons moments en famille ou avec des amis, des moments avec des personnes choisies (on parlera de l’entourage toxique dans un autre article) en dépit de la présence du trouble alimentaire.

Pour y arriver, il est important d’être accompagné car revenir à soi n’est pas du tout confortable ou naturel et il est important que ça ne génère pas de peurs ou tensions intérieures qui s’exprimeraient après l’évènement (augmentation de la restriction ou crise de compulsion avec ou sans purges pour compenser)

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