TCA : se reconstruire quand on se sent brisé

« Pour me reconstruire, peut être me manque-t-il des parties de moi? Celles désavouées et massacrées, sans cesse et sans pitié. Je n’ai su ni les remplacer ni les oublier »

Effectivement.. comme l’a très bien analysé cette jeune femme souffrant de troubles alimentaires, il y a un point essentiel sur le chemin de la reconstruction : prendre conscience de ce que la présence « vampirique » du trouble alimentaire a causé comme dommage en terme de relation à Soi.

Dans le cas de l’anorexie par exemple, l’installation du trouble alimentaire se fait par couche.

Pour faire simple, c’est quasiment le même processus que le développement d’une relation toxique avec quelqu’un d’extérieur à soi.

Un processus en plusieurs phases :

1 – phase de séduction
2 – phase de destruction

Et on repart !

Phase de séduction, phase de destruction…

Et petit à petit les moments où « tout se passe bien » sont de plus en plus courts alors que les phases de destruction sont de plus en plus violentes et de plus en plus longues.

Dans l’anorexie la phase de séduction correspond à ce moment fantastique (oui fantastique, et si vous jugez cette phrase, évitez les personnes qui souffrent d’anorexie car si elles ne peuvent pas vous partager ça durant vos séances il va être difficile d’avancer « correctement » et surtout durablement) durant lequel absolument TOUT va SUPER BIEN.

Une énergie au top, une clarté d’esprit au top, des sensations de légèreté et de pouvoir sur sa vie impressionnantes.

Au début, comme dans un autre type de relation toxique, tout se passe merveilleusement bien, c’est une chouette lune de miel.

Et puis… la bête si séduisante avec son énergie au top et ses sensations grisantes montre son vrai visage.

Plus ou moins rapidement, mais inéluctablement, arrive ce moment où la première petite phrase « bien sentie » se présente.

Une petite voix arrive alors de l’intérieur.

  • Une petite voix qui juge (« ben dis donc ça va t’es bien grassouillette! »)
  • Une petite voix qui valide et invalide (« voilà, 3h de sport c’est le minimum »)
  • Une petite voix qui ordonne (« interdit de manger tel ou tel aliment »)
  • Une petite voix qui insulte (je vous l’épargne, c’est plutôt violent)
  • Une petite voix qui observe les autres et les juge
  • Une petite voix qui stress tout le corps, tout les jours, à chaque instant

Une putain de petite voix que certaines personnes veulent tellement voir disparaitre qu’elles mettent en place des stratégies de plus en plus dangereuses pour s’en débarrasser (auto-mutilations, addictions …)

Cette voix, celle que certaines personne nomme « leur anorexie » (première idée à lâcher, cette part là n’est pas un superbe petit chat tout doux qui vient te détendre en ronronnant mais plutôt une espèce de tique qui te suce toute ton énergie), détruit petit à petit toute estime et amour de soi.

Elle bâillonne, voir détruit certaines parts de son hôte.

Les parts les plus joyeuses, les plus heureuses, les plus vivantes, les plus spontanées, les plus rêveuses.

Les plus belles parts d’une personne sont étouffées et dans le coma du fait de la présence violente de l’anorexie.

Des parts que parfois, une fois guéri.e nous ne retrouverons pas.
Dont nous garderons aussi une forme de nostalgie tant que ce qui est présent aujourd’hui n’est pas investi pleinement.

Retrouver ces parts, leur permettre de prendre leur place EN MÊME TEMPS que la présence de l’anorexie… voilà les premières étapes de ce chemin de guérison.

Il ne s’agit pas de les faire se battre version Bioman contre un méga méchant qui crache du feu, ni version scène de bataille du seigneur des anneaux.

L’anorexie n’est pas le Docteur Mad
L’anorexie n’est pas Soron

L’anorexie est une stratégie de survie aux méthodes discutables certes mais dont l’utilité et la nécessité demeure dans les premiers temps de l’accompagnement.

Une stratégie qui arrive à faire croire à celle ou celui qui vit avec qu’elle/il ne sera rien sans elle.

Et oui, encore une similitude avec une relation toxique.

Alors comment faire pour s’en sortir ?

Contrairement à une personne vivant une relation de couple toxique, il est difficile de lui recommander de se sauver le plus vite possible en laissant tout derrière elle et de pratiquer le « no contact ».

D’ailleurs il n’est pas question, dans notre accompagnement, de faire fuir la personne que nous accompagnons d’elle-même. Ne rajoutons pas encore plus de distance avec soi (et oui c’est possible avec la sophro ;))

Au fur et à mesure de mes accompagnements de personnes souffrant de troubles alimentaires et pour permettre de vivre cette phase durant laquelle il est nécessaire aux deux parties d’exister simultanément avant de se séparer, j’ai développé une méthode d’accompagnement en 6 étapes.

6 étapes fil rouge pour accompagner une personne souffrant d’anorexie avec la Sophrologie

  • En respectant les barrières de la part anorexique.
  • En permettant de venir ranimer les parts étouffées par la présence écrasante de l’anorexie, à accepter le changement, à s’auto actualiser pour vivre pleinement.
  • En venant toucher et stimuler ce qu’il y a encore de vivant chez la personne que tu accompagnes vers son chemin de guérison.

Ces 6 étapes, je les présente dans une conférence en ligne en direct
(si tu souhaites t’inscrire à la prochaine, tu peux le faire en passant par ici)

Ces 6 étapes, je les transmets aussi plus en détails dans une formation de spécialisation.

Destinée elle aussi aux Sophrologues, elle permet de cerner tous les aspects de ce trouble alimentaire enfermant et d’acquérir les compétences pour proposer des séances adaptées au plus prêt de la réalité de l’anorexie, du quotidien du patient/client/consultant et en coordination avec sa prise en charge médicale.

L’accompagnement des personnes souffrant d’anorexie est complexe.
Il est donc important pour les Sophrologues de prendre le temps de se former pour éviter de « taper là où ça fait mal » sans le faire exprès.

TCA : se reconstruire quand on se sent brisé