Relations de couple et TCA : attention risques toxiques

Vivre avec un troubles alimentaire c’est vivre au quotidien avec une part de soi qui nous maltraite.

Cette relation toxique avec une part de soi, elle prend également souvent corps dans l’entourage.

Si vivre une relation toxique n’est pas l’apanage des personnes souffrant ou ayant souffert de troubles alimentaires, il y a toutefois une certaine fragilité qui augmente le risque de vivre une ou plusieurs relations toxiques.

Cette fragilité n’est pas l’existence du trouble alimentaire: c’est celle de la blessure, de la destruction intérieure.

Ainsi, habituée à vivre dans un contexte qui lui parle mal, qui la juge, qui la méprise, la harcèle… la personne souffrant ou ayant souffert de troubles alimentaires va facilement se retrouver dans une relation de couple qui va reprendre les mêmes caractéristiques.

  • Est-ce fait exprès ? NON
  • Est-ce qu’elle le mérite? NON
  • Est-ce confortable ? Oui et non.

Non car vivre une relation toxique est extrêmement destructeur.

Oui uniquement dans le sens où c’est « déjà connu ».

Pour autant, ça ne veut pas dire que la personne prend un plaisir fou à se faire maltraiter.

La relation de couple va permettre de vivre extérieurement les mêmes stimulations que celles déjà expérimentées intérieurement.

Et parfois… expérimentée auparavant. Dans sa vie d’enfant, d’ado, d’adulte.

Les troubles alimentaires vont souvent être une réaction de défense et de protection face à une situation menaçante.

Une personne souffrant ou ayant souffert de troubles alimentaires à donc souvent (mais pas tout le temps, attention aux raccourcis les amis) une expérience passée durant laquelle elle s’est sentie : attaquée, abandonnée, agressée, rejetée, utilisée, humiliée, en danger de quelque façons.

Si cette expérience n’est pas abordée durant la prise en charge pour se libérer du/des trouble(s) alimentaire(s), elle va rester en toile de fond.

Et de façon inconsciente.. la personne va se tourner vers des relations qui vont lui permettre de revivre à nouveau ces sensations terribles… pour pouvoir enfin les traiter.

Si on ne s’intéresse qu’à ce qu’une personne mange ou ne mange pas, combien elle pèse et devrait peser etc.. on ne reste qu’à la surface de sa souffrance.

Permettre aux personnes de se libérer de ces expériences marquantes, traumatisantes, va leur offrir la possibilité de construire vraiment leur vie.

  • Avec un compagnon, une compagne, sécurisant.e.
  • Avec un compagnon, une compagne, aimant.e
  • Avec un compagnon, une compagne, respectueux.se

Un compagnon, une compagne, qui représente cette estime et ce respect de soi acquis tout au long du chemin de guérison qui aura permit à la souffrance racine de se guérir.

Eviter de tomber dans le cercle des relations toxiques, savoir poser ses limites, savoir poser sa personnalité (tu noteras que je ne parle pas d’imposer mais de poser. C’est volontaire, car il n’est pas nécessaire quand on a des limites bien posées et claires pour soi de les imposer aux autres)

Quand on accompagne une personne souffrant de troubles alimentaires, il est aussi important de savoir l’écouter sur toutes les sphères de sa vie.

Aller plus loin que le trouble alimentaire et sa fonction pour comprendre ce qui aujourd’hui le stimule.

Quand le stimulus principal se trouve être le compagnon ou la compagne, il est important de le savoir pour permettre d’accompagner notre patient/client/consultant à mobiliser ses ressources différemment.

A se protéger, se respecter et à mettre les barrières qui sont les siennes pour que cette relation difficile puisse évoluer.

Certaines relations toxiques peuvent évoluer lorsqu’un des deux partenaires se positionne différemment dans le couple.

Elle peut également amener la fin de la relation.

Mais cela reste de l’ordre de la décision du client/patient/consultant, qui est le.la seul(e) à décider de ce qui est le meilleur pour lui.

Relations de couple et TCA : attention risques toxiques