Bien souvent les personnes ayant vécu avec un trouble alimentaire font le choix de ne plus en parler.

Pour certaines, c’est parce qu’elles ont honte, qu’elles regrettent, qu’elles souhaitent ne plus y penser (une fin de travail serait à faire ;))

Pour d’autres, c’est tout simplement terminé. Elles sont donc passées à autre chose.

Mais il y a un moment où la question d’en parler ou pas revient : celle d’une prise en charge médicale.

Pendant ma grossesse, j’ai fait le choix de ne pas parler de cette période de ma vie.

Quand j’ai commencé à chercher de l’aide pour l’hypothyroïdie avec laquelle je vis des suites de l’anorexie, j’ai fait le choix d’en parler.

Et bien la différence a été nette : les pros à qui j’ai parlé de l’expérience de l’anorexie ont tous merdé.

Oui j’utilise volontairement ce mot. A partir du moment où le mot « anorexie » sort, le reste de la phrase n’est pas entendu et la prise en charge devient tellement biaisée qu’elle est désespérante.

Ca marche pour les autres troubles alimentaires 😉

Pour ma thyroïde, après avoir essuyé deux « fallait réfléchir avant d’arrêter de manger, je ne vous donnerai pas de médicaments », je suis allée voir un troisième endocrino à qui je n’ai pas parlé de l’anorexie (passée, j’insiste). Et bien il a observé les résultats, m’a posé les questions qu’il fallait et j’ai pu bénéficier de mon premier traitement.

Dernièrement, j’ai à nouveau eu besoin d’un suivi pour ma thyroïde…cette bête-là est très instable.

Je me suis dit que cette fois, j’en parlerai. Et si l’instabilité venait de quelque chose d’autre que l’anorexie a déréglé ?
Et bien ca a été une très mauvaise idée : à partir du moment où j’ai dit « anorexie », aucune considération n’a été prise du reste. Les 10 ans de libération? Rien à faire ! L’idée reçue que c’est une « maladie qui reste toute la vie » s’est imposée.

Les biais de prise en charge lié à ce partage font qu’aujourd’hui je suis plus malade que je ne l’ai jamais été.

Les idées reçues, les biais, le changement de comportement, la violence qu’amène le fait de parler d’un trouble alimentaire passé sont désespérants (oui c’est la deuxième fois que j’utilise ce mot, ca vous donne une idée de la taille du désespoir!)

Je vous laisse imaginer ce que ça donne quand le trouble alimentaire est encore présent !

Quand c’est passé, on a assez d’assise pour remettre le pro à sa place et mettre fin à un accompagnement.

Quand c’est présent, nettement moins. Parce que le trouble alimentaire prend beaucoup de place, qu’il a un fort impact. Les personnes concernées le savent très bien. En parler est important puisqu’il y a un impact physiologique. Et en même temps le changement de positionnement, de posture et de propos est une violence qui s’ajoute et que la personne n’a pas forcément envie de vivre.

Quand c’est passé, se voir remettre dans une case de « malade-qui-ne-mange-rien-et-ment-forcement-parce-que-tout-le-monde-sait-que-les-anorexiques-mentent-et-le-sont-a-vie » est tout bonnement insupportable.

Si vous avez face à vous un client qui vous partage cette expérience passée, le choix des mots, la façon dont il vous en parlera, vous permettront de mesurer que c’est bien terminé.

Ne le remettez jamais dans une case, en particulier celle du malade pour la vie. Parce que c’est faux… complètement faux…

Heureusement qu’on peut se libérer d’un trouble alimentaire !

Si vous souhaitez découvrir mon approche et mes convictions sur le sujet des troubles alimentaires, la mini-formation est parfaite. 2h30 d’audios offerts pour vous permettre de comprendre les troubles alimentaires et en quoi la sophrologie et la sophrothérapie sont intéressantes pour aider celles et ceux qui en souffrent à s’en libérer.

Ce n’est pas parce que c’est long que c’est impossible ! Toujours continuer à cheminer, à chercher, à rencontrer, à trouver…

Je l’ai fait pour me libérer de l’anorexie, je le ferai pour trouver le traitement qui apaisera ma thyroïde..

Vos potentiels clients le font aussi, pour vivre libres et apaisés.

Il serait soulageant pour eux, que vous soyez un des pros en qui ils peuvent vraiment avoir confiance : c’est très rare.

Et pour ça, comprendre et connaitre les troubles alimentaires est essentiel.