Dans l’imaginaire commun, les troubles alimentaires sont souvent abordés comme étant essentiellement un soucis de poids.

Ils sont de ce fait, facilement rattachés à la maigreur ou l’obésité.. en tous cas à une « forme » physique évaluable de l’extérieur pour confirmer la présence, ou l’absence, de trouble alimentaire.

Avant d’entrer dans le coeur du sujet qui pourrait laisser croire que ce soit juste d’évaluer ainsi, je souhaite rappeler (peut-être vous informer) que les troubles alimentaires ne sont pas une problématique de silhouette ou de poids.

On ne peut donc valider l’expérience difficile de vivre avec un trouble alimentaire au tour de taille de celui/celle qui vous exprime sa souffrance.

Pour certaines personnes, l’obésité est présente avant l’arrivée d’un trouble alimentaire dans leur vie.

Dans ce cas, ce dernier ne fait que s’y ajouter.

Si le trouble alimentaire qui s’installe est restrictif (type anorexie) ou restrictif/compulsif (type boulimie) une perte de poids est possible.

Bien que non garantie car les raisons pour lesquelles l’obésité étaient déjà présente sont nombreuses et une perte de poids peut être très difficile à enclencher pour de très multiples raisons.

Cette recherche de perte de poids peut aussi être un point d’entrée à l’installation d’un trouble alimentaire.

Moins dans la recherche de mincir en elle-même que dans la recherche d’apaiser une souffrance présente vécue comme très intense qui se fixe sur le poids.

Les troubles alimentaires relèvent de la stratégie.
Ils sont un moyen pour soulager un trop plein intérieur.

Suivre un régime ne « créera » pas un trouble alimentaire, s’il n’y a pas un environnement favorable déjà présent intérieurement.

Si le trouble alimentaire est exclusivement compulsif (typiquement l’hyperphagie) une prise de poids va s’ajouter.

Ce qui augmente les risques physiologiques et le développement de comorbidités par la suite…

… Et qui crée une augmentation de la souffrance dans le regard porté sur soi et dans celui qui est perçu de la part des autres.

Une des conséquence est un possible repli sur soi.

Vous savez comme moi que la plus grande idée circulant sur les personnes en surpoids ou obésité est que ce sont des personnes qui mangent mal et beaucoup.

Mélanger plein de choses en grande quantité et les avaler très rapidement : c’est ce qui se vit dans une crise de compulsion alimentaire.

Pensez-vous qu’une personne vivant en obésité avant l’arrivée des crises de compulsions va se sentir l’espace de partager l’enfer des crises et l’impact sur son poids ?

Malheureusement non. Car la grossophobie n’est pas un mythe. C’est une réalité qui apporte beaucoup de souffrance pour de nombreuses personnes.

Et de façon tout à fait cohérente, il y a une peur de recevoir des remarques particulièrement déplacées.

Quelques éclaircissements supplémentaires :

  • Commençons par l’obésité installée à cause d’un trouble alimentaire.

Dans cette situation, peu importe d’où partait la personne en terme de poids de base.

C’est l’hyperphagie qui va entrainer une prise de poids.

Si vous avez participé à une de mes conférences sur ce trouble alimentaire, vous savez que la prise de poids est dû fait qu’il n’y a pas de stratégie de perte des calories ingérées lors des crises ou lors des surconsommations alimentaires lors des repas.

Bien entendu en fonction du poids de départ, du volume des crises et de la fréquence de ces dernières, la prise de poids va augmenter relativement vite.

Il me semble très important de bien comprendre que c’est une double peine pour les personnes.

Les crises de compulsions sont difficiles à vivre et souvent cachées, vécues comme une honte et expérimentées dans la solitude avec la pression d’être surpris.

Puis le corps changent et portent une part des conséquences des crises en les rendant visibles de tous.

Certains vont développer une peur des complications qu’il est possible de développer par la suite, cette peur pouvant devenir très envahissante.

  • Si la présence de l’obésité est antérieure à l’installation du trouble alimentaire, il est important d’entrer en lien avec la façon dont elle était vécue avant l’arrivée du trouble alimentaire.

Peut-être que c’était un des éléments de souffrance que le trouble alimentaire est venu intérieurement soulager.

Peut-être qu’au contraire c’était très bien vécu et l’arrivée du trouble alimentaire l’a rendu insupportable.

Peut-être enfin que c’est un élément souffrant tout autre que le trouble alimentaire est venu mettre en avant par la présence des compulsions.

En terme d’accompagnement, si obésité s’est installée à cause d’un trouble alimentaire :

Nous sommes dans l’accompagnement d’une personne souffrant d’Hyperphagie tel que je le partage dans ma formation « Sophro’Kintsugi : Hyperphagie » (vous pouvez vous inscrire à la prochaine conférence ici)

Il est très important de pouvoir entendre que la relation au corps soit difficile à cause du poids car il représente la forme visible de ce qui est insupportable et dense à l’intérieur.

Sans rationaliser (« C’est bien d’avoir des formes aussi » – « La beauté n’est pas forcément la minceur » – en fait votre avis n’a pas sa place ici)

Sans minimiser (« C’est déjà ça vous n’avez pas de diabète ! » – « est-ce que vos enfants sont génés eux? Non ils vous aiment tel/telle que vous êtes! » – vous n’aidez pas)

Ce qui est important dans cet accompagnement est d’entrer en lien avec ce qui est vécu au quotidien, ce que la personne expérimente et comment elle le vit, pour lui proposer un chemin en douceur à la rencontre de ces contenus intérieurs denses.

Comments are closed