Il y a une question sur le corps qui me revient souvent en privé, que ce soit lors d’une évaluation finale de formation, d’échanges via Messenger, ou encore par e-mail… « je suis en obésité/en surpoid moi-même, est ce que ça peut être un problème? »

Pour ces professionnels, se pose la question de la crédibilité liée à la forme de leur corps.

Et à chaque fois que j’ai cette question, je rate un battement de coeur.

Parce qu’elle est grave et représente bien les difficultés du monde dans lequel on vit : tout sur l’apparence.

On a déjà toutes les injonctions à la minceur, au contrôle, à « devenir la meilleure version de soi-même » qui pourrissent notre existence et peuvent à minima apporter des doutes comme celui-ci.

Et à ces injonctions, s’ajoutent les attentes magiques de certains clients (Ohlala sa propre méthode ne marche pas sur lui/elle, comment être crédible?)

Cet article est un peu coup de gueule vous allez le sentir dans le ton et le choix des mots.

Mais à quel moment, nous n’aurions pas le droit d’être humain ?
A quel moment devons-nous être des vitrines sans quoi ce que nous faisons est décrédibilisé?

Qui a dit qu’un sophrologue qui accompagne sur les pertes de poids doit avoir un poids qui correspond à l’image que la société attend de lui ?
Qui a dit qu’une personne en surpoids ou en obésité, ne saurait pas accompagner les autres?

Ce doute de la crédibilité passant par l’image du corps est d’autant plus triste qu’il peut empêcher certains professionnels compétents de se lancer dans certains accompagnements.

Voilà le message de cet article : vous avez le droit d’accompagner les personnes souffrant d’obésité si vous vivez vous-même avec le surpoids ou l’obésité.

Notez la différence : vous vivez avec et votre client en souffre. Ca implique que vous, vous n’en souffriez pas (sinon, une supervision ou un accompagnement individuel pour vous, est essentiel).

Si la personne que vous êtes au moment ou vous recevez votre client lui pose un problème : il trouvera un autre professionnel qui correspond à ses besoins, ailleurs.

J’avais 31 ans quand je me suis installée dans mon premier cabinet.

Comme je faisais plus jeune que mon âge, deux personnes m’ont dit que mes 25 ans leur posait problème.

Je débutais, j’ai corrigé, expliqué que ça ne changeait rien.. mais ils ne sont pas revenus.

8 ans plus tard, ça ne me pose plus de problème (je dois faire mon âge) et si j’avais un tel argument face à moi, ce rendez-vous serait le seul et unique sans que ça ne me perturbe plus que ça.

Alors cher confrère, chère consoeur, si vous vous êtes senti ne serait-ce qu’une fois, mal à l’aise avec vous-même en réponse au regard que portait ou pourrait porter un client sur vous, rappelez-vous ceci : vous êtes un professionnel qui accompagne les gens qui le souhaitent.


Leurs raisons pour ne pas l’être par vous n’est pas votre soucis.


Votre corps n’est pas la vitrine de votre activité.


Vous êtes vous et c’est très largement suffisant !

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