Categories:

Ce que la vie m’a appris ces dernières années, c’est qu’il y a deux éléments qui nous amènent de grandes souffrances.

L’attachement et l’illusion.

Etre attaché à quelqu’un ou quelque chose, c’est faire de cette personne ou de cet objet une source de joie, de bonheur, de réassurance etc… dont nous devenons dépendant. Dépendant de façon subtile pour beaucoup !

La dépendance s’installe car cet élément extérieur répond à un ou des besoins que nous n’arrivons pas à nourrir nous-même.

C’est facile de le décrire comme ça non ?

Mais ce que j’ai souvent observé c’est que l’attachement ne se laisse pas forcément voir.

Par exemple, si l’attachement à un compagnon ou une compagne peut se laisser à voir de façon très franche (s’inquiéter de l’heure à laquelle il/elle rentre, craindre une infidélité etc…) il peut se montrer plus surprenant quand on se met à fondre en larme parce que le chat a cassé le vase de grand-maman et que c’est le dernier cadeau qu’elle nous a fait avant mourir.

On ne se rend pas forcément compte qu’on est attaché. On se dit comme pour la cigarette « si c’est fini, c’est fini » ou encore « je le garde juste parce que c’est là, au cas où ».

En fait en y regardant de plus près nous entretenons ici une illusion : celle de notre liberté de choisir. L’attachement entrave notre liberté. Notre liberté d’aimer, notre liberté de jeter le vase de grand-maman, notre liberté de prendre des décisions éclairées à partir de notre réalité concrète de chaque instant.

L’illusion ne s’arrête pas là. L’illusion peut aller bien plus loin. L’illusion peut aller à se voiler la face, à faire l’autruche pour ne pas voir, ne pas entendre ces parties de nous qui ne sont pas nourries. Qu’il est facile de s’illusionner, n’est-ce pas ?

Pourquoi le faisons-nous ? Pour nous protéger. Pour protéger ces parties de nous qui ne veulent pas souffrir à nouveau même si par là on en fait souffrir d’autres ! Même si une partie de nous sait bien que quelque chose ne va pas.

Vous savez cette intuition « il y a un truc qui cloche, je ne sais pas quoi mais il y a un un truc que je ne sens pas ».. Ben en fait vous sentez très bien lol vous sentez qu’il y a une partie de vous qui sait ce qui ne va pas mais que vous n’y avez pas accès !

Qui bloque l’accès ? La peur.

La peur d’être abandonné(e), la peur d’être rejeté(e), la peur de s’être trompé(e), la peur de devoir tout recommencer, la peur de s’être fait avoir, la peur de s’ennuyer, la peur de ne pas être à la hauteur.

Et puis l’envie.

L’envie d’y croire, l’envie de retrouver les sensations du début (dans un nouveau travail ou tout était intéressant et les collègues sympas, dans une nouvelle relation amoureuse dans laquelle c’était simple et fluide, dans un hobby, une activité qui nous passionnait parce que nouvelle…), l’envie d’avancer et de ne pas revivre les même échecs, les mêmes frustrations, les mêmes douleurs…

Pourtant l’attachement et l’illusion ne nous apportent que ça : revivre les mêmes douleurs. Celles qu’on essaye si bien de ne plus avoir à affronter.

Quand on est attaché à une illusion c’est double peine.

La vie est bien faite (si, si) : elle nous offre de nombreuses opportunités de voir que nous nous mentons à nous-même. Une d’elles va finir par « percuter », par « taper juste », appuyer sur le « bon » bouton, utiliser le « bon » levier…

Je suis très bonne à ça… pour les autres lol mon regard extérieur me fait souvent mettre le doigt là où c’est le plus sensible. Mais pour moi, c’est un peu plus difficile bien entendu.

« On ne peut pas voir la montagne et être dans la montagne » nous dit un très sage proverbe chinois.

Et quand l’éboulement arrive, qu’on s’est prit une pierre de la montagne en pleine face. et bien ça fait mal. On peut se sentir brisé(e), on peut se sentir idiot(e), on peut s’en vouloir.

« Mais pourquoi je ne l’ai pas vu venir ???? » parce que pour le voir venir tu aurais eu besoin d’être à l’arrêt.

Et que tu ne t’es pas arrêté(e), tu n’as pas fait de pause pour faire un pas de coté, pour porter un autre regard sur ce que tu traversais à ce moment là. Et c’est juste.

Si tu traverses en ce moment, ou si tu as traversé, de grandes prises de consciences d’attachements, d’illusions, garde en tête le plus important.

Le plus important n’est pas de connaître ton pourcentage de responsabilité et celui de l’autre. Le plus important c’est d’identifier ce qui se joue, d’identifier tes besoins, tes peurs, tes traumas éventuels, mais surtout le plus important c’est de te dire du fond du cœur « A chaque instant j’ai fait au mieux. J’ai fait ce qui me semblait le plus juste pour prendre soin de moi. Et je m’en remercie ».

C’est valable pour nous en tant qu’humain et aussi en tant qu’accompagnant 😉 C’est un des « bénéfices » de la méthode Sophrologique que d’offrir cette acceptation de soi et de nos stratégies inconscientes…. Alors allons-y franchement pour nous et nos patients : petit à petit, prenons conscience de nos attachements, de nos illusions pour mieux nous en libérer… ou pas 😉