La honte : un poison qui empêche de demander de l’aide

S’il y a bien un point qui est à l’origine du délai entre l’arrivée des compulsions alimentaires et la demande d’aide, c’est la honte.

La honte, comme tu l’as vu dans le titre de cet article, est un véritable poison.

Une blessure intérieure qui nous ravage lorsque nous la ressentons.
Et qui s’inscrit profondément en nous.

Là comme ça, si je te demande : laisse venir spontanément un moment dans ta vie où tu t’es sentie honteux.se.

  • Est-ce que quelque chose vient ?
  • Comment te sens-tu ? 

Le premier souvenir lié à la honte qui me vient est celui d’un spectacle de danse classique.

J’avais 8 ans et lors du spectacle de fin d’année de mon studio de danse, il y avait plusieurs costumes…

Excitée par le bruit, les sons, le monde, le mouvement (vive l’hypersensibilité), pas concentrée, je me suis retrouvée avec un costume des mille et une nuit et … une flûte dans la main.

Je la revoie bien cette saleté de flûte en plastique jaune et orange lol

Arrivée en dansant au milieu de la scène avec mon costume de Shéhérazade, quand j’ai réalisé que j’avais la flûte en main, je me suis arrêtée en plein milieu et me suis figée sur place.

D’un coup, j’ai vu :

  • ma vilaine prof de danse qui me faisait des signes pour que je lui lance la flûte 
  • mes copines de danse qui me sont rentrées dedans et qui se sont arrêtées

J’ai commencé à paniquer, avoir du mal à respirer…

J’ai lancé la flûte à la prof toujours gesticulante, et là le pire est arrivé : les parents qui remplissaient le grand théâtre de Thionville ont rigolé.

Et j’ai eu honte de moi.

De ma sensibilité et de la facilité avec laquelle je suis stimulée.

De mon incapacité à me concentrer. 

Je me suis sentie nulle.

Tu vois en t’écrivant cette expérience qui a presque 30 ans, je ressens physiquement ce que j’ai ressenti à l’époque :

  • mon coeur s’emballe
  • ma respiration s’accélère
  • mes joues sont rouges et chauffent fort

Pendant longtemps, je ne voulais plus reparler de cette expérience (d’autant que le lendemain la prof ne m’a pas raté et là j’ai eu droit à une nouvelle couche d’humiliation publique) 

L’avantage avec cette expérience là, c’est qu’elle a un début et une fin.

Je n’ai jamais eu à revivre ça.

Mais pour les personnes que nous accompagnons qui souffrent de compulsions alimentaires, chaque crise est une couche de honte qui s’installent sur de nombreuses autres. 

Et il peut y en avoir plusieurs par jour.. pendant des semaines, des mois, des années.

La honte est présente en permanence :

  • honte de faire des crises
  • honte de manger « trop »
  • honte de manger devant les autres pour certaines personnes
  • honte des conséquences sur le corps
  • honte de son corps
  • honte de devoir cacher son comportement
  • honte d’en parler 
  • honte de demander de l’aide

La honte, est un point que nous devons accueillir et respecter dans nos accompagnements.

Sans tomber dans le « mais enfin, c’est RIEN ça ». 

Car ce n’est pas rien. C’est beaucoup.

  • Beaucoup de tensions
  • Beaucoup de regrets
  • Beaucoup de culpabilité (autre gros morceaux!)

Dans les 6 étapes pour accompagner une personne souffrant de compulsions alimentaires, la honte est prise en compte et apaisée.

Car il s’agit bien d’un apaisement dont il s’agit. 

Nous en parlerons dans une nouvelle conférence sur l’hyperphagie qui se tiendra mardi 12 Novembre prochain à 20h00 en ligne et en direct.

Je serai heureuse de t’y retrouver pour échanger sur ce que nous pouvons apporter aux personnes souffrant d’hyperphagie avec la Sophrologie.

La honte : un poison qui empêche de demander de l’aide