La crise de compulsion : un état de conscience modifié

S’il y a bien une phrase assassine que la majorité des personnes subissant des crises de compulsion alimentaires entendent régulièrement c’est celle-ci :

« Tu n’as qu’a te retenir quand tu vois que ça vient, c’est facile »

C’est facile oui.. de parler sans savoir lol

Car pour beaucoup de personnes entre le moment où « ça monte » et celui ou « ça redescend », il y a comme un trou.

Un trou de présence.

Une des jeunes femmes que j’ai accompagné il y a quelques années, vivait les crises dans une absence de présence totale : elle avait l’impression de se réveiller d’un cauchemar.

Concrètement, pour elle ça ressemblait à ça :

1 / Je suis en train de faire quelque chose
2/ Je sens une douleur dans le ventre
3/ Je reviens à moi-même .. souvent dans la cuisine, avec des sachets, des paquets d’aliments divers vides et éparpillés

Cette jeune femme a subi dans son enfance un traumatisme très grave… et répété.

Même si le déclencheur n’avait rien à voir avec ce qu’elle a subit… elle « partait » le temps de libérer la tension que lui amenait les sensations qui la terrorisait.

J’aimerais vous dire que c’est un cas rare mais ça ne l’est pas tant que ça…

Une autre de mes patientes expérimentait les crises de compulsions la nuit.

Ce trouble alimentaire porte le nom de « Night Eating Disorder Syndrome » (tu le verras souvent avec le nom de NED)

Les crises de compulsions se déroulaient… dans son sommeil.

Enfin, un peu comme une crise de somnambulisme.

Etant somnambule moi-même c’est un état que je ne saurais décrire mais on est nettement moins présent qu’en état sophroliminal. D’ailleurs la plupart du temps, je me lève, je parle, je fais des trucs et je ne me rappelle de rien.

Ici c’est pareil : ma patiente se levait et dévorait ce qu’il y a dans ses tiroirs. Détail amusant : elle rangeait et nettoyait tout avant de retourner se coucher.

Dans cet état on est donc absent et on sait se repérer dans l’espace
(bon moi, moins, dans mes crises de somnambulisme je me suis déjà tapé un mur, rentrée de plein fouet dans l’armoire.. ou demander à mon compagnon d’où venait la couette lol)

Ces exemples inspirés de cette phrase assassine, pour te dire que partir du principe qu’on a le temps de sentir monter « quelque chose » (que ce soit de la peur, de la colère, de l’angoisse.. et même de la joie) pour mieux gérer l’arrivée d’une crise et l’éviter n’est pas forcément adapté à la personne à qui tu t’adresses.

Nous avons la chance, dans notre métier, d’avoir comme principe fondamental le respect de la réalité objective de nos patients/clients/consultants.

Donc, de leur offrir un espace dans lequel ils peuvent partager ce qu’ils vivent réellement.

Et ainsi, leur proposer un accompagnement adapté.

Justement, comment adapter un accompagnement Sophrologique à la problématique des compulsions alimentaires ?

Quel chemin suivre ?

Comment aborder les crises? Le travail s’axera-t-il dans le fait de les éviter ?

Je te propose de me retrouver dans la prochaine conférence en ligne qui se tiendra le Mardi 17 Septembre prochain à 20h00 pour aborder en détails ensemble l’apport de la Sophrologie auprès des personnes souffrant d’Hyperphagie.

Tout le programme de la conférence se trouve derrière ce lien : http://bit.ly/2QkKcLV

La crise de compulsion : un état de conscience modifié